CERTA L’aLBATROS

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Parfois on joue pour apprendre, mais lorsque le jeu devient dangereux on est parfois déjà dépendant !

Au même titre que les dépendances à l’alcool, au cannabis ou à la cocaïne, s’ajoutent les addictions dites « sans drogues » ou comportementales notamment le jeu pathologique. Le jeu est sûrement l’activité humaine la plus innée pour se faire plaisir et pourtant il est possible « de perdre sa liberté » d’arrêter de jouer. Le jeu devient pathologique lorsque la personne joue de manière inadaptée et répétée avec des conséquences familiales (conflits, divorce..), psychologiques (dépression, suicide), physiques (insomnies, perte d’appétit, ulcère à l’estomac), financières (surendettement), sociales (isolement, marginalisation) et professionnelles (perte d’emploi, absentéisme..).

Le « jeu pathologique » fait son apparition dans le DSM III en 1980. C’est l’addiction aux jeux de hasard et/ou d’argent (ou « gambling » pour les anglo-saxons). Il a d’abord été classé dans le DSM IV- TR (1) dans les « troubles du contrôle des impulsions » en raison du haut niveau d’impulsivité des joueurs, malgré les effets néfastes du jeu, mais les autres critères cliniques ont conduit à le classer progressivement dans les « addictions comportementales ».

L’outil informatique fait partie de nos foyers depuis plus d’une dizaine d’années maintenant. Grâce à l’évolution scientifique et aux options multimédia, il permet, en plus de l’accès internet et des jeux, toute une variété de possibilités de création, d’apprentissage et d’interaction universelle.

On utilise couramment le terme «  cyberaddiction ». Il fait allusion à une addiction au « cyberespace » ce qui en soit n’est pas correct. Cyberespace est devenu un synonyme d’internet, un « réseau informatique mondial » qui donne plusieurs possibilités d’exploitation. On ne devient pas « addicte» à internet, mais à certaines de ses applications, comme par exemple certains jeux en ligne ou réseaux. Nous ne considérons pas que l’on puisse devenir addicte à des applications comme les « blogs », les forums de discussion, les réseaux sociaux ou la messagerie instantanée. Il peut y avoir certes une consommation excessive, mais généralement la personne garde un regard critique et réussi à gérer son temps de connexion. En revanche, visiter très régulièrement certains sites comme ceux des achats ou enchères en ligne, les jeux d’argent en ligne ou les sites pornographiques peut-être une manifestation psychopathologique des addictions comportementales à analyser dans chaque contexte particulier.

Il n’y a pas, pour l’instant, de critères diagnostiques précis pour l’addiction aux jeux vidéo et les applications internet. Les tests utilisés dans les études actuelles sont, par la plupart, des dérivations des échelles utilisées pour le jeu pathologique. Par exemple celles de Young, Chan, Tejeiro et Griffiths. Il existe d’autres échelles qui varient peu. Les critères concernant souvent les complications que le comportement addictif génère. Par exemple, les difficultés relationnelles, l’appauvrissement intellectuel ou social, l’échec à l’école, les absences au travail, ainsi comme les dommages économiques.

Des conséquences physiques peuvent également être relevées, comme le syndrome de canal carpien, les lombalgies, la malnutrition (conduites de grignotement devant l’écran), migraines et éventuellement le déclenchement de crises épileptiques chez les personnes susceptibles.